Voyager seul avec un enfant d’un an sur un long trajet en voiture peut sembler décourageant, voire franchement angoissant. Six heures de route sans les pauses, traverser la France d’Ouest en Est, avec une à deux heures de pause… sur le papier, ça fait peur. Soyons honnêtes : ce n’est pas facile.
Mais c’est faisable. Et surtout, avec un minimum d’anticipation, ça peut même bien se passer.

De mon côté, j’ai fait environ six heures de route, étalées avec des pauses régulières. La première règle, c’est d’accepter que le trajet ne se fera pas “vite”. On oublie l’objectif d’arriver le plus rapidement possible : on vise plutôt le confort et la sécurité.
Anticiper l’ennui (et la chute des objets)
À un an, un enfant attrape, explore… et lâche très vite. Il ne sait pas encore récupérer ce qu’il fait tomber. C’est là que l’anticipation devient clé. J’avais prévu beaucoup de jouets, tous rangés sur le siège passager, à portée de main : petites voitures, hochet, livre en plastique, peluche, figurines d’animaux suffisamment grosses pour ne pas être avalées.
L’idée, c’est de pouvoir lui passer facilement un objet avec le bras, sans se contorsionner.
Même chose pour les doudous : j’en avais plusieurs, parce que quand l’un tombe, il en faut un autre immédiatement.
Pareil pour la nourriture : biberons, collations, boudoirs. À cet âge-là, on ne peut pas toujours s’arrêter pile au moment où bébé a faim ou pleure. Avoir un petit paquet de boudoirs sous la main m’a sauvé plus d’une fois, le temps de rejoindre une aire.
Les pauses : indispensables (pour lui et pour vous)
Idéalement, il faut s’arrêter toutes les deux heures. J’ai parfois réussi à pousser jusqu’à trois heures quand il dormait, mais ce sont des exceptions.
Les pauses servent à beaucoup de choses : changer la couche, le laisser se dégourdir les jambes, le sortir de son siège, le fatiguer un peu… et souffler soi-même.
Pour le déjeuner, mieux vaut tout prévoir. Petits plats faits maison ou achetés à l’avance, compotes, eau. Sur les aires d’autoroute, il n’y a souvent rien d’adapté aux bébés — et quasiment jamais de fruits frais. C’est une découverte assez brutale quand on voyage avec un enfant.
Aménager la voiture intelligemment
L’une de mes meilleures astuces a été de ne pas charger toute la banquette arrière. J’avais dégagé un espace, avec une petite couverture, pour pouvoir le changer si besoin, notamment sur des aires peu équipées, sans table à langer ou peu propres. Tout était à portée : couches, lingettes (exceptionnellement jetables, par souci de praticité), sacs.
Ce petit espace permet aussi, si la météo le permet, de le détacher quelques minutes pour qu’il bouge un peu, surtout quand il pleut ou qu’il n’y a rien d’aménagé dehors.
Sécurité et visibilité
On m’avait suggéré de mettre le siège auto à l’avant, côté passager. J’ai choisi de ne pas le faire. Par sécurité, mais aussi par habitude, je l’ai toujours installé à l’arrière. Avec le recul, c’était le bon choix.
En revanche, le miroir dos à la route est indispensable. À un an, l’enfant est dos à la route : le miroir permet de le voir facilement dans le rétroviseur, de vérifier s’il dort, s’il pleure, s’il a perdu son doudou.
Avec le recul…
Aujourd’hui, alors qu’il approche des trois ans, je sais que je ferais autrement : une étape à mi-chemin, une nuit quelque part, pour rendre le trajet plus digeste pour lui… et moins fatigant pour moi.
Mais à un an, avec de l’organisation, du pragmatisme et beaucoup d’anticipation, ce long trajet était possible. Pas parfait. Pas reposant. Mais possible. Et parfois, c’est déjà une victoire.

Follow




