Avoir une ruche à Paris n'est plus une bonne idée | Consommactrice

Avoir une ruche à Paris n’est plus une bonne idée

Je viens de participer à un atelier d’apiculture à Paris de 3H. C’était très instructif et surprenant, j’ai appris beaucoup de choses que j’ai envie de vous partager spécialement au sujet de la capitale et ses (trop) nombreuses ruches.

Depuis des années, j’entends que le miel de Paris est un des meilleurs de France car sans pesticide.

Et c’est vrai. À tel point qu’il est aujourd’hui vendu à environ 70€ le kg. A titre d’exemple celui que j’achète directement à un apiculteur en Haute Saône est à 10 euros le kg.

Forcément dans notre monde capitaliste où le profit est roi, cela a donné des envies à des personnes de faire du profit. Donc de nombreuses sociétés se sont spécialisées dans la pause de ruches sur les toits de Paris. Pour la plupart, elles posent leurs ruches et s’en occupent peu. Et reviennent globalement juste pour récolter l’or en pot. (j’y reviendrais dans un autre billet)

C’est devenu hype d’avoir des ruches sur son toit d’immeuble et même sur ceux des grandes agences et sociétés parisiennes. Moi même avant de passer cet après-midi avec les abeilles, je trouvais ça terriblement chouette.

Mais voilà le problème numéro 1 à Paris : trop de ruches vs le nombre de fleurs

Aujourd’hui il y a beaucoup trop de ruches à Paris pour les plus célèbres (Palais de Tokyo, Grand Palais, Opéra Garnier, Musée D’Orsay, Tour d’Argent). On compte plus de 700 ruches à Paris sachant qu’il y a entre 30000 et 60000 abeilles par cabanon.

Sauf que Paris c’est majoritairement du béton et la ville est loin d’être réputée pour ses nombreux espaces verts. Le rapport surface et nectars à obtenir n’est pas bon.

abeilles qui butinent sur la lavande

Conséquence et problème numéro 2 : Elles ne laissent plus de places pour les autres (meilleurs) pollinisateurs

Là où des ruches domestiques sont installées, il y a moins de passages des pollinisateurs sauvages, comme les bourdons, les papillons, les petites et grosses abeilles sauvages sur les fleurs (celles pour lesquelles j’ai installé une super bee home).
Donc c’est cool il y a du miel qui coute une blinde mais moins de fruits et de légumes.

Conséquence et problème numéro 3 : Les abeilles ont faim

« À certaines périodes de l’année, à Paris on voit les abeilles domestiques qui viennent sur les terrasses de restaurant, dans les canettes de coca ou aller chercher des choses sucrées dans les boulangeries » peut-on lire dans cet article.

En quoi c’est un problème ? Tout d’abord pas terrible et confortable même si normalement une abeille ne pique pas sauf si elle se sent en danger. Et puis on peut aussi par exemple avec inattention avaler une abeille qui se serait glissée dans notre bouteille de jus de fruits.

Une abeille fait jusqu’à 3km depuis sa ruche pour butiner. Moins elle trouve de fleurs plus elle fait de km plus elle s’épuise et peut mourrir. Déjà qu’elle ne vit que 45 jours pour l’ouvrière, cette warrior !

Conclusion et solutions

Si tu aimes la planète et veux avoir un geste plus éco-responsable. Arrête tout de suite ton futur projet de Ruche sur le toit de ton immeuble ou de ton entreprise et concentre toi sur le pollen.
Plante des fleurs à tes fenêtres et si tu peux sur les toits comme de la lavande, le romarin, ou encore le tilleul. En plus, ça se mange et ça sent bon 🙂

Rappel : on privilégie les graines paysannes pour ses semences.

Sur les plateformes participatives (Bluebees et Mimosa) on peut aussi aider les jeunes apiculteurs qui se lancent pour du miel responsable comme je l’ai fait avec Jeremy.

« La première règle de l’écologie, c’est que les éléments sont tous liés les uns aux autres. »

Barry Commoner

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